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La santé, un service essentiel?

[PHOTO : RADIO-CANADA / MAXIME MARTIN]


C’est ce que le gouvernement a dit lorsqu’il annonçait la fermeture de tous les centres d’entraînements du Québec pour une durée indéterminée vers la fin du mois de mars. Et c’est le message que renforcent les nombreuses campagnes de sensibilisation qui circulent sur toutes les plateformes. Pourtant, à regarder le nombre de clients qui défilent sous l’insigne de la SQDC, de la SAQ et des distributeurs de tabac, chaque jour, et ce, même depuis le décret de l’état d’urgence, la question se pose : La santé est-elle ou non au cœur des priorités du gouvernement québécois? Et si oui, sous quelles conditions?


Certainement, la faute n’est pas d’avoir imposé la fermeture de centres qui accueillent des milliers de personnes par jour, à l’aube d’une des pandémies les plus importantes du siècle. Il aurait été insouciant, voir insensé d’en affirmer le contraire. Mais qu’en est-il de ces centres qui accueillent un plus petit nombre de clients par semaine, souvent les mêmes, ou encore de ceux qui sont enclins à offrir des accommodations qui respectent les mesures sanitaires? En effet, avec un peu de bonne volonté et de créativité, vous verrez qu’il n’est pas si compliqué pour ces derniers d’offrir un service de qualité en dépit des nouvelles contraintes imposées.


Prenez l’exemple d’une salle d’entraînement de taille moyenne. En réduisant le nombre d’appareils disponibles, en augmentant la distance entre ceux qui restent et en imposant des mesures de sécurité aux utilisateurs (comme le port d’un masque, de gants et la désinfection des surfaces après utilisation), aucune mesure n’est enfreinte. si ce n’est que du nombre de personnes qui résident à différentes adresses dans une même pièce. Et encore là, si la pièce est grande et que les distances sont respectées, il n’y a aucune différence, dans les faits, avec une sortie à la SAQ pour acheter le vin du souper.


Vous me direz c’est beau tout ça, mais l’entraînement, on peut s’en passer. Une semaine, deux semaines peut-être, mais, deux mois, c’est long. Assez long pour perdre tous les gains acquis après des mois de travail. Assez long pour retrouver les mauvaises habitudes et s’y installer. Surtout quand on se retrouve seul à la maison avec la clef de la cave à vin et la possibilité de se ravitailler six jours sur sept. Sauf que, contrairement à la maladie de laquelle on tente de se protéger, ce n’est pas tout de suite qu’on va en voir les dégâts. Ce sera dans un an, deux ans, quand les statistiques de santé générale de l’année 2020 vont rentrer et que les mauvais plis vont avoir pris l’air de fissures.


Oui, on peut s’entraîner dehors, mais pour certains, il faut des défis, il faut un encadrement. D’autant plus que marcher, courir et prendre son vélo, ce n’est pas une pratique ancrée dans la vie de tous. Il n’est donc pas seulement question de la santé économique des centres, mais également du bien-être de leurs clients qui, depuis deux mois, ont perdu un repère important qui menace d’être remplacé par d’autres, moins sains, à l’heure où tous les distributeurs d’alcool, de drogues et de tabac fonctionnent à plein régime.


Que le message soit clair. Ce qui est fait et fait et que ce soit pour le pire ou pour le mieux, il faudra vivre avec. L’heure n’est pas à savoir d’où on vient, mais bien où on s’en va. Et, pour le bien de la société au sens large, cette direction se doit de promouvoir des habitudes qui sont saines. Elle doit tenir compte de tous les piliers sur lesquels repose notre société et non être réservée aux sources de revenus gouvernementaux. Si cela implique quelques compromis au plan des mesures sanitaires, ces risques doivent être pesés par rapport aux conséquences à long terme d’une interdiction complète. Et, pour la santé de tous, ne mettez pas tous les centres d’entraînement dans le même panier.


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